Quand un de ses disciples a tué à la machette un étudiant sous ses yeux, il n’a ressenti aucune émotion. C’était la première attaque djihadiste en Grande-Bretagne, en 1995. Maajid Nawaz était alors jeune activiste du groupe islamiste Hizb ut-Tahrir à Londres. Bien des années plus tard, il se retrouve à un barbecue au Texas, à côté de l’ancien président George W. Bush, qui l’interroge sur sa définition de la torture. Dans son livre, Radical, my journey from islamist extremism to a democratic awakening (« Radical :monvoyage de l’extrémisme islamiste au réveil démocratique »), il avoue qu’il n’avait « pas vu venir » ce rebondissement dans sa vie déjà mouvementée : « Que le leader de la “guerre contre la terreur “ me demanderait mon opinion lors d’un déjeuner dans son jardin » !

L’ancien islamiste, condamné à cinq ans de prison en Égypte, est maintenant candidat aux prochaines élections législatives à Londres sous les couleurs du parti centriste libéral-démocrate, ce qui se fait de plus modéré. Certains tabloïds s’étranglent, mais cela en dit long sur la société britannique et révèle un parcours peu commun. À 35 ans, Maajid Nawaz se voue désormais à la lutte contre l’extrémisme religieux. Dans un salon de thé au décor fleuri du quartier de Bloomsbury, plutôt beau gosse, encravaté, ce père d’un jeune garçon évoque ses inquiétudes sur la menace djihadiste pour les démocraties. L’attaque de Woolwich à Londres, en mai dernier, dans laquelle un soldat a été tué en pleine rue par deux islamistes britanniques d’origine nigériane, n’est pas, selon lui, un acte isolé :«Il y a en Syrie 800 combattants venus d’Europe dont 200 de Grande-Bretagne. Un jour, ils reviendront ici après avoir tranché des têtes là-bas, cela ne peut que mener au désastre. »

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