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Alors qu’une conversion à l’islam peut faire fuir la famille et les amis d’une personne pour avoir fait un changement aussi important dans sa vie, la communauté musulmane peut encore les voir comme des « étrangers » à leur communauté. Cependant, les groupes extrémistes marginaux sont toujours à la recherche de nouvelles recrues.

Les suites des horribles attentats perpétrés contre les Chambres du Parlement ont amené de nombreuses organisations à se démener pour obtenir certains renseignements. Alors que la police et les services de renseignement diffusent davantage d’informations, l’agresseur est vite rapidement identifié comme étant Khalid Masood, 52 ans. Massood, né dans Kent puis installé dans le West Midlands, étant un ancien professeur d’Anglais, mari et père de trois enfants. Masood était également un converti à l’Islam et représente donc encore un cas qui établit l’attrait apparemment inexplicable de l’idéologie islamiste radicale pour les convertis.

Bien qu’il soit essentiel de rappeler que, pour la grande majorité des convertis à l’Islam, les motifs sont rarement politiques, il a été constaté à maintes reprises que les convertis passent par un processus de radicalisation plus rapide lorsqu’il s’agit de commettre des attentats terroristes. Je pense qu’il existe trois raisons principales pour lesquelles les convertis sont particulièrement vulnérables à la radicalisation.

Tout d’abord, parce que les convertis connaissent souvent très peu l’Islam lorsqu’ils décident de se convertir, ils sont plus sensibles au lavage de cerveau et à la propagande, ce qui en fait des cibles idéales pour les recruteurs. Parce que le converti n’aura souvent personne d’autre à qui poser des questions, pas de guide pour lui apprendre sa nouvelle foi, les recruteurs peuvent nourrir l’individu de n’importe quelle information, rendant l’endoctrinement plus facile.

Les personnes étant musulmanes de naissance conservent la possibilité d’être informées de leurs opinions extrémistes grâce aux interprétations plus modérées d’un membre de la famille ou d’un ami musulman. Chez les convertis, cette possibilité est parfois inexistante.

Malheureusement, les réseaux sociaux devenant aujourd’hui la principale source d’apprentissage de l’Islam pour ceux découvrant cette religion, la position adoptée par défaut est souvent celle d’une lecture puritaine du Coran. Ce labyrinthe théologique est extrêmement difficile à appréhender pour les musulmans issus de familles musulmanes, et encore plus pour les convertis.

Cela nous mène au deuxième grand facteur de radicalisation chez les convertis: ils souhaitent s’intégrer très rapidement et sont impatients de plaire à leurs paires. Parce que les convertis essaient de s’intégrer à un tout autre sous-ensemble de la société, ils sont obligés de tisser rapidement de nouvelles relations afin de démontrer leur loyauté et leur fidélité à la communauté ainsi que pour montrer leur appartenance à cette communauté.

Les convertis ont quelque chose à prouver, et ils sont donc beaucoup plus enclins à se mettre en scène et à utiliser la sauvagerie afin de démontrer leur loyauté. La sauvagerie, la dureté sont une des façons de compenser excessivement le fait qu’ils soient nouveaux dans leur religion et que leurs connaissances soient très minimes.

Enfin, nous devons analyser le statut social d’un converti. Un non-musulman se convertissant à l’Islam se trouvera probablement marginalisé, du moins dans une certaine mesure, par sa famille ou ses amis lorsqu’il décidera d’opérer ce changement majeur dans sa vie et de d’adhérer à une vision du monde différente. De plus, le converti a choisi d’adhérer à une religion qui, pour quelque raison que ce soit, est l’une des plus ostracisées et les plus controversées aujourd’hui dans notre monde.

Par conséquent, le converti est désormais doublement marginalisé dans la société. Cela amènera les convertis à s’impliquer fortement dans leur nouvelle religion afin d’établir un nouveau statut social dans leur nouvelle communauté adoptive.

La conversion à n’importe quelle religion, d’autant plus si elle est qualifiée régulièrement de rétrograde, est un parcours éprouvant et qui peut provoquer un sentiment d’abandon général. Alors que la famille et les amis peuvent s’éloigner à cause de cette conversion, la communauté musulmane dominante peut encore les voir comme des « étrangers ». Dans un tel scénario, l’adhésion à un groupe extrémiste à la recherche de recrus peut être assez rapide, ces groupes faisant appel au désir d’appartenance et d’adhésion du converti.

Pour comprendre le processus de radicalisation, il est essentiel d’envisager le problème de manière holistique tout en tenant compte des nuances telles que la sensibilité accrue des convertis aux opinions extrémistes. Les extrémistes continueront de propager leur propagande. La façon dont nous répondons aux messages extrémistes et la façon dont nous fournissons une solide contre-attaque théologie auront un impact sur les générations futures et sur ceux qui sont les plus vulnérables.

Un des clés pour aider ces personnes est de délégitimer le large éventail d’idées que partageraient les extrémistes et la communauté religieuse dominante. Ce n’est qu’alors que l’idéologie extrémiste pourra être mise à nu et montrée telle qu’elle est: une prétention artificielle au salut et une déformation des enseignements islamiques de base.

Adam Deen, Directeur exécutif de Quilliam en Grande Bretagne.

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